Interview de Patricia Téglia, attachée de presse indépendante

Ecrit par Tanguy sur . Publié dans Gestion des fans, Infos - Actualités

Wiseband fait le point sur le métier d’attaché de presse et le travail relationnel entre les artistes et les médias.

Rencontre avec Patricia Téglia, attachée de presse indépendante fondatrice de l’agence nantaise Aoura.

patricia_tegliacrédit photo : Régis Routier


1 # Peux tu nous présenter ton parcours professionnel et ton activité aujourd’hui au sein de l’agence Aoura ?

Je n’étais pas tout à fait préparée à faire ce métier, je suis vraiment autodidacte. Ce qui m’a plu c’est l’idée de développer le talent de certains artistes. J’ai commencé à une époque très différente d’aujourd’hui où il y avait peu de formation en la matière et le savoir théorique était compensé par une approche empirique… Il a fallu s’adapter aux mutations des médias et développer des réseaux. Au départ je faisais un peu de tout : promo, booking, management… puis je me suis recentrée sur les médias.

J’ai commencé réellement sur l’opération « Les Rockeurs ont du coeur » grâce à Anita Besnier. Ce projet fédérait 10 villes de France et je m’occupais des médias nationaux pour permettre, grâce à des concerts de rock,de récolter des jouets pour les enfants défavorisés. En 1993, j’ai été chargée de mission au développement de Lola Label  au sein de Trempolino à Nantes.

J’ai eu différents postes avant de monter mon agence Aoura en 2000 pour ne gérer que des relations presse avec des artistes, leurs labels, tourneurs, et même des éditeurs comme Matthieu Tessier chez Warner Chapell qui m’a fait développer des artistes comme Chat, Clarika ou Aldebert ou encore Jérôme Labory chez Source pour le projet Ours (fils d’Alain Souchon ndlr.)

Je travaille depuis 6 ans avec Julie Bataille : nous nous répartissons les types de médias et les secteurs géographiques.

 

 2 # Quelles sont, selon toi, les bases pour préparer une bonne promotion d’album ?

Même si nul n’est prophète en son pays, je dirais qu’il faut commencer par les médias de proximité : la PQR (Presse Quotidienne Régionale ndlr. ), les radios associatives, les webzines, les TV locales... Comme pour les racines d’un arbre, il est important d’avoir de bonnes fondations pour un groupe car les médias locaux sont ceux qui vont impulser le projet artistique et surtout continuer à le suivre dans son développement.

Et comme ils auront été les premiers à en parler, il est important de ne pas les oublier lors du développement du projet vers des médias nationaux. Je l’ai appris notamment avec le groupe Tri Yann, la fidélité envers les premiers soutiens en médias est très importante.

Les médias locaux sont donc indispensables et surtout à la portée des artistes régionaux contrairement aux groupes parisiens qui n’en bénéficient que très peu, à cause de la prépondérance des médias nationaux sur leur secteur géographique d’origine.

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3 # Quels médias peuvent-ils être travaillés par les groupes sans avoir besoin d’être un professionnel de la communication ?

En dehors des médias locaux dont nous venons de parler, je dirais que les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Tumblr… ont leur importance pour permettre de maximiser les effets de communication. Mais ce n’est pas suffisant car relativement éphémère et cela demande beaucoup de travail d’entretien.

Un titre en playlist sur une radio locale peut durer un mois, un papier dans un journal comme Ouest-France peut déclencher l’intérêt d’autres journalistes et permettre de commencer une revue de presse. Les médias traditionnels ont un impact identique aux nouveaux médias et il faut savoir les utiliser. On peut renforcer l’effet d’une parution un magazine ou journal local, d’une interview en radio en les relayant vers les autres médias et sur les réseaux sociaux. On peut également envoyer des newsletters montrant des nouvelles parutions mais en faisant attention à ne pas en envoyer trop souvent.

 

4 # A contrario, quelle est la valeur ajoutée apportée par un vrai professionnel de la communication ?

L’attaché de presse entretient des relations personnalisées avec les journalistes et les médias. Posséder un fichier de contacts ne suffit pas, il faut savoir l’utiliser à bon escient ! Cela nécessite notamment de connaître le fonctionnement de chaque média, ses dates de bouclages etc… et d’entretenir avec les journalistes des relations régulières. Cela demande des méthodes de travail spécifiques.

L’attaché de presse n’a pas d’obligation de résultat, mais une obligation de mettre les moyens en oeuvre pour informer et faire connaitre un projet.


5 # Si un groupe veut faire appel à une agence de promotion indépendante comme la tienne, quels seront les critères qui te feront choisir de travailler ou non son projet ?

A titre personnel, c’est l’artistique qui prime et les relations avec les personnes impliquées dans le développement du projet. j’aime avoir une vue globale du développement pour maximiser mon implication. Par exemple, pour le groupe Von Pariahs qui prépare la sortie de son album pour la rentrée, il y a un véritable échange entre le manager, le label, le tourneur et la promo qui permet d’aller chercher des objectifs médias intéressants car la coordination existe.

Pour Stromae, c’est mes bonnes connaissance du réseau des festivals qui m’ont permises de travailler avec le tourneur Auguri sur la médiatisation de la création scénique aux Transmusicales de Rennes en 2010. Il fallait que les actions de chaque professionnel soient très complémentaires. J’ai par la suite travaillé sur plus d’une centaine de dates de sa tournée afin de montrer que ce n’était pas uniquement le chanteur d’un tube radio, mais un véritable artiste de scène, disponible et abordable malgré sa notoriété internationale.

 

6 # Comment se calcule le coût de la prestation promo, peux tu nous donner une idée du prix pour un groupe indépendant ?

C’est très difficile de répondre précisément à cette question. Cela dépend des objectifs que l’on se fixe, du type de médias que l’on souhaite toucher, du niveau de développement du projet sur le plan artistique et professionnel… Chaque projet est un cas unique et il faut adapter les moyens aux besoins.

Pour ma part je travaille sur une sortie d’album ou d’EP minimum trois-quatre mois avant et pour des tournées, minimum deux mois avant le début. Il faut donc discuter de chaque projet pour fixer une stratégie et y adapter un plan de communication média.

 

Un dernier message ?

Avant toute chose, je conseillerai aux artistes de travailler leur musique, de faire en sorte que cela leur plaise et qu’ils soient convaincus de leur travail avant de chercher à convaincre les autres !

 

Merci Patricia,

L’équipe Wiseband !

 

Agence Aoura : www.aoura.com

Twitter : @PatriciaTeglia

 

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Tanguy

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Commentaires (1)

  • III.4 – La communication | Booking Tips

    |

    […] par le menu comment s’organiser pour assurer ses relations presse. L’interview de Patricia Teglia sur Wiseband.fr est également une bonne source d’inspiration […]

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